APROVISIONNEMENT

 

Dans les Ports

Dans les ports, l’approvisionnement n’est pas gratuit, il est par contre assez diversifié et permet de couvrir tous les besoins courants d’un navire. Pour les denrées sensibles, comme les canons, il vaut mieux passer par des voies plus discrètes.


Cargaison Commerciale

On peut acheter en gros dans les ports tout ce qui se produit sur place pour un prix tout àfait raisonnable. Par contre les denrées rares y sont très chères, pour le bonheur des marchands. Selon les ports, un acquéreur peut acheter chez un producteur ou un négociant du tabac, du cacao, du sucre, du bois de Campêche, du bois d’ébène – des esclaves, du coton, mais aussi des produits manufacturés, des épices et des matières premières : bois deconstruction, fer, argent et or. Ce sont ces mêmes denrées que l’on retrouve sur les navires marchands en mer. Voici les denrées que l’on peut trouver dans un port du Nouveau Monde, classées par provenance.


Indes Occidentales :

  1. Coton, bois de Campêche, bois de construction, bois à brûler.

  2. Sucre, cacao, fruits exotiques – mangues, goyaves, papayes, bananes et oranges – manioc, mil, riz, piment, herbes médicinales.

  3. Rhum, tafia, tabac.

  4. Poisson, tortue, sanglier – pécari – boucané.

  5. Cuirs, fourrures, cochenille, indigo, ambre gris.

  6. Fer, or, argent.


Indes Orientales :

  1. Soieries, vaisselle.

  2. Safran, clous de girofle, poivre, cannelle.


Europe :

  1. Draps, dentelles, outils, fer, canons, poudre, armes, navires et accastillage, médicaments, vin de Madère, de Bordeaux ou de Bourgogne.


Afrique :

  1. Esclaves, défenses d’éléphant, poudre d’or.


Ceci ne signifie pas que seules ces denrées soient produites dans ces différents endroits, mais ce sont celles que l’on peut trouver usuellement dans les Caraïbes, en Nouvelle-Espagne et en Nouvelle-Angleterre. Toutes ces denrées s’achètent auprès des négociants et au prix du marché. On n’achète pas en général la cargaison pour la revendre dans un autre port, mais on se fait payer pour la transporter. Le transporteur et le marchand signent une charte-partie – contrat. Le négociant fixe le prix de vente de la cargaison, alors que le transporteur impose un pourcentage de la valeur de la marchandise qui lui revient. Si le négociant le désire, il peut faire assurer la marchandise. Cette assurance coûte cher, vu les risques d’interception par des pirates ou des navires ennemis, mais évite les désastres financiers. Le moyen le plus sûr d’effectuer le transport est de se joindre à un convoi de la Compagnie des Indes Occidentales, qui les accompagne de navires de guerre. Le coût du transport est important, c’est pourquoi certains marchands préfèrent se rendre acquéreurs d’un navire et transportent eux-mêmes leur cargaison. Le transporteur n’est autre qu’un armateur, qui emploie pour le transport un capitaine, devant lui rendre des comptes après chaque traversée. Les bénéfices pour le transporteur comme l’armateur sont faramineux, à condition bien sûr de ne pas se faire intercepter par un navire ennemi. Même en perdant un navire sur vingt par an, les marchands et amateurs sont encore très bénéficiaires.


Réserves

L’achat de réserves en préparation d’un voyage se fait dans un magasin spécialisé, qui existe dans tout port de taille respectable. On ne trouve naturellement que ce qu’il y a de disponible, donc le plus souvent les marchandises produites sur place. Pour une campagne de plusieurs mois, même un petit navire prend à son bord plusieurs centaines de tonnes de vivre et d’eau. Voici les réserves que l’on peut acheter dans une grande ville

portuaire.

  1. Vivres : On ne trouve du biscuit que dans les plus grandes villes du Nouveau Monde et à peu près partout dans une ville d’Europe. Un navire en partance embarque une grosse cargaison de viande et de poisson salés ou boucanés, du blé, du manioc, du riz, des fèves, des lentilles ou des pois. Ces denrées se conservent pendant des mois si elles sont tenues à l’écart de l’humidité, des charançons et des rats.

  2. Eau : L’eau potable ne s’achète pas dans les ports, il est plus aisé d’en prendre à la source.

  3. Bois : Sur un navire, on fait grande consommation de bois de chauffage et de construction, surtout après un combat.

  4. Ancres : Les ancres restent parfois accrochées au fond suite à un mouillage sur fond rocheux ou à un départ précipité. Elles sont assez chères mais faciles à amener à bord, grâce à la chaloupe.

  5. Canons : Les canons ne s’achètent pas facilement, car ils représentent une menace aux autres navires sur l’eau. Un navire de guerre arrivera sans problème à en réquisitionner quelques uns, mais les marchands devront s’entendre au préalable avec le gouverneur. Les pirates font plutôt appel à un receleur, ou se fournissent directement sur une prise.

  6. Boulets & Poudre : Les gouverneurs ne sont pas tatillons au point de contrôler le trafic de poudre et de boulet, même si un tel achat en masse peut attirer l’attention. Ils ont fabriqués sur place, à la différence des canons, fabriqués dans les grands arsenaux d’Europe.


Avantages et Inconvénients de l’Approvisionnement dans les Ports

On est presque assuré, lorsqu’on s’approvisionne dans un grand port, de trouver de tout et en quantité suffisante, notamment des boulets et de la poudre. La qualité est en général bonne, car il est de l’intérêt du port de donner satisfaction aux navires qui s’y arrêtent. Un bon cambusier saura de toute façon, à moins qu’il ne soit de mèche, remarquer la nourriture de piètre qualité, qui ne résistera probablement pas aux conditions difficiles de conservation.

Cette disponibilité et qualité se payent cependant très cher. Le chargement est de plus très long, car les marchandises devront être transportées des entrepôts jusqu’au port, puis du port jusqu’au navire par les annexes, si le navire est trop gros pour être mis à quai. Il peut aussi arriver que certaines marchandises soient en rupture de stock, forçant le navire à faire une nouvelle escale assez proche pour s’en procurer. Les plus gros navires peuvent attendre des semaines à l’entrée d’un port avant que le vent soit assez favorable pour leur permettre de rentrer. Ils ont de plus des besoins énormes en vivres et en eau qui ne peuvent pas être satisfaits partout. Enfin, il est difficile de se ravitailler dans un port sans attirer l’attention du gouverneur, rarement bienveillant envers les pirates.


Sur les Navires de Prise

Les pirates se ravitaillent rarement dans les ports, à moins de ne pas être trop notoires ou d’avoir des relations amicales avec le gouverneur. Cela flatte leur vanité d’afficher leur butin pirate au nez et à la barbe des autorités, mais les plus sages préfèreront trouver le nécessaire à la vie sur un navire sur les navires marchands qui croiseront leur route.


Disponibilité

On trouve de tout dans les cales d’un navire, qui voyage bien sûr avec ses propres réserves. Les forbans y trouveront donc probablement des vivres, de l’eau, ainsi que du bois à brûler et de construction. Toutes ces marchandises sont gratuites, car il s’agit d’un vol en bonne et due forme, mais le choix est plus limité que dans les ports.

Il est d’usage cependant chez les pirates de procéder à un échange de cargaison, ils se débarrassent de leurs cargaison la moins utile en échange de leur nécessaire de survie et des produits de luxe. Pour les navires marchands, cela ne change pas grand chose, parce que ils ne pourront pas revendre une telle cargaison, car elle est pirate et revient à son propriétaire, spolié de ses biens.


Sur tous les Navires de Prise

  1. Réserves. Quelques soient les navires de prise, les pirates peuvent transférer une partie des réserves de la prise sur leur navire. Ils ne trouvent pas de la poudre et des boulets sur tous les navires. Même s’ils trouvent des boulets, ils doivent être du bon calibre pour être utilisés.

  2. Canons. Les canons sont aussi récupérables, au prix souvent d’une légère modification du navire de la part du Maître Charpentier, afin de pouvoir les installer.

  3. Armes. De toute façon, les armes blanches et à feu sont récupérées, au moins pour ne pas donner de mauvaises idées aux prisonniers. La poudre est difficile à fabriquer par soi-même et est donc récupérée systématiquement.

  4. Livre de Bord et Instruments de Navigation. Le journal de bord du capitaine contient des données extrêmement intéressantes sur les routes commerciales, la navigation et beaucoup d’autres choses. Voyez pour l’utilisation du Livre de Bord le chapitre « L’Équipage : Le Capitaine : Journal de Bord ». Le journal du chirurgien, si la prise en comptait un, peut apporter au chirurgien du navire vainqueur des remèdes contre certaines maladies rencontrées par l’équipage de la prise. Seuls les instruments de navigation dont le navire vainqueur n’est pas pourvu sont récupérés par le capitaine et le pilote. Ces instruments peuvent comprendre un bâton de Jacob, un astrolabe, un loch, une sonde, un sablier, ou mieux encore un nocturlabe et sa carte du ciel ou, dans le courant du XVIIIème Siècle, un octant.

  5. Cartes. Le navire de prise contient probablement quelques cartes, pas forcément de bonne qualité, mais qui pourront soit être utilisées en tant que telles, soit permettre de retoucher des cartes existantes.

  6. Or. Les espèces sonnantes et trébuchantes sont bien évidemment systématiquement prises, à condition que les vainqueurs réussissent à mettre la main dessus. Les capitaines de navires marchands cachent cet or soigneusement lorsqu’un navire louche est en vue. L’or est si bien caché qu’il faudrait parfois démembrer le navire pour les retrouver. Il est cependant raisonnable de penser que l’or se trouve quelque part dans la cabine du capitaine ou dans la salle du conseil. Pour y accéder, plutôt que de chercher pendant des jours, et à moins que le capitaine de la prise soit particulièrement sympathique, une petite séance de torture facilite les recherches.

  7. Livres Rares. On peut trouver dans la bibliothèque du capitaine des livres rares et précieux, comme un traité de stratégie navale, d’escrime ou un livre occulte.

  8. Plans de constructions d’un charpentier de génie. Ces plans pourraient servir de base pour reconstruire un nouveau navire.

  9. Lettre de Course et Commission. Si le navire de Prise est un corsaire, son capitaine possède probablement une commission, ou mieux, une lettre de course. Ces deux éléments sont quasiment inutilisables en tant que tel, tant que le capitaine en question ne fait pas, sous la contrainte, un passage de droit sous la forme d’un testament en bonne et due forme. La lettre de course offre un moyen assez sûr de prendre sa retraite, plutôt que d’attendre une grâce, même si une lettre de course ne dispense pas d’être jugé pour les crimes qu’on a commis.

  10. Otages. Des membres de l’équipage de prise peuvent être gardés en otage. Si ce sont des gens importants, la rançon pour leur libération risque d’être coquette. Sinon, ils doivent bien avoir des informations intéressantes qui ne figurent pas sur le Livre de Bord, à propos d’une ville, d’une route commerciale ou d’un événement marquant.

  11. Pavillons. Les pavillons de nationalité sont précieux, car ils peuvent faire illusion pendant quelques temps devant des yeux non suspicieux, en entrant dans un port ennemi ou le temps de s’éloigner d’un navire de guerre.


Cargaison des Navires Marchands

Il arrive que des pirates utilisent de la cargaison commerciale pour leur usage personnelle, notamment le tabac, le cacao, le sucre, le sel, et avant tout le vin et le rhum. Lorsqu’il manque de ces produits de luxe, il leur arrive même de traîner sur une route commerciale qui voit transiter ces marchandises, dans l’espoir d’en remplir leur cale. Les pirates ne vident pas forcément leur prise. Lorsque le capitaine de la prise est un homme juste et courtois et qu’il n’ont pas de raison spéciale de lui en vouloir, ils se contentent de ce qu’ils ont besoin, et procèdent même parfois a des échanges de cargaison. Il se soucient peu de la valeur marchande des marchandises qu’ils échangent, mais la prise n’y perd pas forcément. Cela n’empêche pas, bien sûr, les capitaines des prises de porter plainte pour piraterie. Aux yeux de la loi, la piraterie courtoise et la piraterie sauvage sont toutes les deux punies par la pendaison.


Au Mouillage

Entrer dans un port pour demander trois cent tonnes de vivres et autant d’eau n’est pas très discret et met en danger le navire, s’il est pirate, dans ce port. Ceci est aggravé par la vulnérabilité du navire à l’ancre, sous les canons de la batterie défendant le port et avec plus de la moitié de son équipage à terre et ivre mort. Il est beaucoup moins dangereux de mouiller loin de toute route commerciale, pour

« faire du biscuit et de l’eau », c’est-à-dire faire le plein de vivres, soit en prenant ce que la nature offre, soit en pillant un village voisin. Si des indiens habitent dans les parages et qu’une bonne entente s’installe, l’équipage pourra remplir ses cales du nécessaire en échange de quelques outils, vêtements, voire des armes.


Chasse

Si le navire est mis en carène, une bonne moitié de l’équipage a tout son temps pour aller chasser. Les chasseurs ramènent au navire de la viande de boeuf, de pécari, du singe, du perroquet, du pigeon ramier, mais aussi des crabes et des tortues. La chasse prend beaucoup de temps et suffit souvent à peine à nourrir l’équipage pendant l’escale à terre, à moins que l’équipage comporte des chasseurs doués, ou des boucaniers. Les boucaniers peuvent tuer entre 20 et 50 pécaris ou boeufs en une seule journée dans les contrées giboyeuses. S’ils sont accompagnés de suffisamment de monde pour transporter la viande, ils rempliront les cales en moins de deux semaines. Les régions auparavant écumées par les boucaniers, comme St Domingue ou l’Ile de la Vache, ne contiennent, après 1670, plus de boeufs ni de sangliers. Evidemment, partir à la chasse nécessite de mettre pied à terre dans une région inconnues, où la forêt regorge de serpents, de fauves et de pièges invisibles. Le plus grand danger vient des peuplades indiennes non pacifiques, qui tuent les européens à vue depuis leurs déboires avec les Espagnols. Le tout est soit d’entretenir de bonnes relations avec ces peuplades, qui n’abandonneront probablement pas toute méfiance, ou d’éviter soigneusement leur territoire, ce qui requiert de solides connaissance en géographie ou beaucoup de perspicacité. Ces périples à l’intérieur des terres permettent néanmoins de découvrir la contrée, et de prendre des repères, au cas où l’on reviendrait. Certaines chasses posent des difficultés, comme la chasse au perroquet, dont la chair est excellente, mais qui s’accroche aux branches des arbres lorsqu’on les tue. Il ne reste plus qu’à escalader aux arbres, ou ne tuer que les perroquets en vol, ce qui rend la chasse beaucoup plus difficile. Les singes sont tout aussi excellents, et abondent dans les forêts vierges. Les îles des Caraïbes sont très bien fournies en tortues, qui viennent pondre sur les cayes après la saison des amours. Pour chasser la tortue, quatre hommes les entourent, armés d’un bâton, qu’ils glissent sous le gigantesque reptile pour le mettre d’un coup sur le dos. Ils passent à la prochaine tortue, puis reviennent plus tard rechercher leurs proies. Plutôt que de transporter toute la tortue, qui pèse quelques centaines de kilos, il faut mieux la dépecer sur place, en lui ouvrant le thorax et puis en décollant la chair de la carapace. La graisse est tout aussi utile que la chair, car elle sert à allumer les lampes. Il existe deux types de tortues dans les Caraïbes : les tortues franches et les tortues vertes. Les tortues franches sont plus grosses et nettement meilleures que les tortues vertes. La chair de tortue est si bonne que les marins préfèrent la manger fraîche que de la saler. Ils salent et emportent donc les surplus. La viande, quelle qu’elle soit, pourrit en quelques jours du fait de la forte humidité et de la chaleur. Elles doit donc être accommodée pour être conservées. Le cambusier et le coq salent la viande et la mettent en tonneaux. Le sel est donc un ingrédient essentiel, que l’on achète dans les ports ou récupère dans les salines. Pour qui connaît l’emplacement de salines elles fournissent du sel à discrétion de façon naturelle. Si l’équipage compte des boucaniers, ceux-ci préfèreront boucaner la viande, ce qui lui donne une appétissante couleur vermeil et un goût exquis. La viande boucanée ne se conserve cependant pas plus de six mois. La chasse ne permet pas, que de se ravitailler en vivre, mais aussi de récupérer de l’huile pour les lampes et du cuir.


Pêche

La pêche est un plaisir, peut être plus encore que la chasse, car plus contemplatif. Pêcher prend du temps, mais est réalisable alors même que le navire avance, tant qu’il ne va pas trop vite. Les méthodes de pêche dépendent du type de poisson que l’on veut ramener. Les poissons ramenés sont d’une grande variété, moins peut être dans les Caraïbes que sur la côte de la Nouvelle-Angleterre, plus poissonneuse. Un bonne pêche des harengs, de la morue – près des côtes de Terre-Neuve –, des Saint-Pierre, des dorades, des bars, mais aussi des lamantins et des cétacés en quantité. La pêche est meilleure dans les zones oxygénées, pour les poissons vivant près des côtes. L’eau s’oxygène lorsqu’elle est remuée, donc particulièrement quand la mer est forte et se brise sur des rochers. Les lamantins, eux, vivent à l’embouchure des rivières et se pêchent au harpon. La pêche aux coquillages

peut être miraculeuse, sur des plages que l’homme visite peu, mais les coquillages devront être consommés immédiatement, car ils ne se conservent pas. Un équipage mangeant des coquillages avariés ou empoisonnés par des algues ou des feuilles d’arbres nocives, risquent de passer une bien mauvaise nuit. Les crabes et les langoustes se pêchent sur la plage et dans les rochers, mais on ne pêche rien sans un bon savoir-faire. Les indiens Mosquitos sont réputés dans tout le nouveau monde pour leur qualité de pêcheurs. On dit qu’un seul pêcheur Mosquito est capable de nourrir à lui seul un équipage entier. Les flibustiers tâchent d’en avoir un à bord, d’autant plus que les Mosquitos sont très

chaleureux, détestent les Espagnols et aiment se joindre à des équipages européens pour quelques années, afin de parfaire leur éducation. Les fruits de la pêche, consommés frais, sont excellents pour la santé et recommandés pour les malades du bord.


Cueillette

Les fruits ne manquent pas dans les Caraïbes où on trouve profusion de bananes, papayes, goyaves, grenades, ananas, mangues, oranges et citrons. Tous ces fruits sont excellents pour la santé, et soignent en quelques jours les malades du scorbut, encore que ce savoir se limite à quelques rares médecins très observateurs. Toutefois, les fruits doivent être consommés dans la semaine, car il ne peuvent être conservés plus longtemps. Certains d’entre eux, portés à ébullition pendant une journée entière, donnent un vin excellent et enivrant, qui par contre ne se conserve pas bien. Les racines : manioc, patates et patates douces, se conservent pendant plus d’un mois et demi, tout comme les céréales : riz, blé, maïs et mil. On ne trouve pas de blé dans les caraïbes à l’état sauvage, et les autres céréales doivent être cultivées pour donner en quantité. Le meilleur moyen pour s’approvisionner en

céréales reste de mettre à sac un petit village un peu à l’intérieur des terres. Enfin, on peut trouver à terre des champignons, des salades, des choux, mais aussi du tabac, le tout à l’état naturel. Le tabac n’est pas consommable en tant que tel, car il doit être tordu et séché pour être conservé et fumé ou chiqué. Les plantes médicinales ne sont pas non plus difficiles à trouver sur certaines îles, qui, comme La Tortue, en regorgent. Le Chirurgien, accompagné par quelques hommes, utilise en général toutes les escales pour rechercher les herbes qui lui manquent. Il faut se méfier de certaines plantes, comme par exemple la Mancenille, qui rendent ceux qui les mangent malades à en crever.


Faire de l’Eau

Les îles des Caraïbes sont devenues un passage obligé pour les navires venant de Nouvelle-Espagne, non pas pour le peu de valeurs marchandes qu’elles produisent, mais par leur richesse en eau. L’eau peut être récupérée sur les petits cours d’eau qui se jettent dans la mer ou directement des sources, qui se cachent à l’oeil humain. Les navires trouvent beaucoup plus simple, même si l’eau est de moins bonne qualité, de faire de l’eau dans les rivières et fleuves. Ils n’ont alors qu’à plonger leurs barriques par-dessus bord dans l’eau pour les remplir, ce qui raccourcit grandement le ravitaillement. Il n’est même pas nécessaire de remonter le fleuve pour se ravitailler, car l’eau reste douce en mer à quelques milles de l’embouchure.


Les Malades du Bord

L’air de la terre fait du bien aux malades, qui sont débarqués à terre avec le chirurgien pendant les escales. Il font une cure de fruit, de viande et de poisson frais, ce qui les aide à reprendre du poil de la bête.

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