LES PONTS: L’ENTREPONT

 

Canons de Chasse (avant) a


    Les Canons de Chasse sont très semblables aux Canons de Bordée, mis à part peut être leur calibre, souvent supérieur, et leur forme plus   allongée.   Un   canon   de   chasse   peut projeter un boulet sur une distance de deux kilomètres,   même   si   la   précision   à   cette distance est fortement limitée. Il n’est vraiment intéressant de tirer avec les canons de chasse que lorsqu’on poursuit une proie. En effet, la fragilité de la poupe des navires compense le faible   nombre   de   canons   de   chasse,   qui n’excède pas deux, contre une vingtaine de canons de bordée, sur les navires de taille moyenne.


Grand Cabestan b


    Situé sur le gaillard d’avant, au-dessus de la salle des ancres et au sein même du quartier de l’équipage, le grand cabestan permet de déplacer les plus lourdes charges. Le grand cabestan est constitué d’un grand cylindre, tournant autour de son axe vertical et flanqué de barres horizontales qui permettent à une trentaine d’hommes de le faire tourner sur son axe. Les deux fonctions les plus usuelles du cabestan sont de remonter les ancres et de charger ou de décharger les plus lourdes charges, par l’intermédiaire d’un palan fixé sur la grand vergue. L’équipage peut ainsi transborder les réserves, mais aussi les canons.

    Les câbles d’ancres sont  fixés  sur l’ancre, qui est suspendue pendant la navigation à l’extérieur du navire. Ils passent par l’écubier – trou dans la coque du gaillard d’avant, à hauteur du cabestan et destiné au passage des câbles d’ancres – et un trou dans le sol, près du cabestan. Le diamètre du cabestan, qui est égal à un douzième de la largeur du navire à l’endroit où il est fixé, n’est cependant pas suffisant pour y enrouler les câbles d’ancres. Pour   remédier   à   ce   problème,   l’équipage utilise un câble circulaire, plus fin que le câble d’ancre, attaché par des nœuds de cabestan sur le câble d’ancre en plusieurs endroits, sur une longueur de plusieurs mètres. Ce câble circulaire est enroulé autour du cabestan, et permet ainsi de tracter le câble d’ancre. A mesure  qu’on  remonte  le  câble  d’ancre,  le câble circulaire est attaché au câble d’ancre du côté   de   l’écubier   et   détaché   du   côté   du cabestan, pendant que le câble d’ancre descend dans la salle des ancres en dessous. Remonter une ancre prend donc beaucoup de temps et fatigue l’équipage, qui doit fournir un effort énorme pendant une bonne heure.

    Pour mouiller, l’équipage n’utilise pas le grand cabestan. Le Maître d’Équipage doit prévoir la biture – longueur de câble d’ancre nécessaire au mouillage. L’équipage fixe alors le câble d’ancre de façon à laisser filer la longueur de câble prévue par leur Maître d’Équipage. On laisse tomber l’ancre et le câble sans   les   retenir   d’aucune   façon.   Le   câble s’arrête naturellement lorsque la longueur de câble mouillée correspond à la biture. La biture se  calcule  en  fonction  de  la  profondeur  du fond, du vent, du courant et de la place disponible pour le navire dans le mouillage – lieu  où  l’on  mouille  l’ancre.  Une  mauvaise biture signifie que le mouillage est un échec et qu’il doit être recommencé. Si la biture est trop longue et que d’autres navires sont mouillés non loin dans la même baie, le navire risque d’aborder accidentellement ses voisins. Il vaut mieux   s’en   apercevoir   tout   de   suite   que pendant un changement de marée nocturne.

    Les barres de cabestan ne servent pas que pour actionner le cabestan, mais font aussi des armes redoutables.

Accès

    Le grand cabestan se trouve au milieu des quartiers de l’équipage.


Canon de Bordée  c


    Les canons de bordée sont des pièces d’artillerie de calibre six, huit, douze, dix-huit, vingt-quatre ou encore trente-six pour les plus gros navires. Les canons sont très encombrants et lourds, on doit donc en limiter le nombre pour pouvoir charger une quantité raisonnable de marchandises sur un navire. Le canon est fait de deux parties, l’affût et son socle de chêne. L’affût, qui est de bronze ou de fonte, comporte une gueule, trou béant par lequel on charge les boulets et la poudre, et une culasse. La gueule du canon est brûlante après le tir et doit être refroidie à chaque fois qu’il crache un boulet. La culasse, qui n’est pas amovible sur les   canons   de   bordée,   est   percée   en   son sommet d’un trou, la lumière. Pour mettre le feu à la gargousse de poudre, les artilleurs font passer par la lumière une mèche, qu’ils n’ont qu’à allumer pour faire feu. Le socle du canon, fait de bois de chêne pour résister au recul au moment du tir, et bien sûr aux boulets de canons ennemis, est équipé de roues pour faciliter la manœuvre du canon.

    La puissance des canons de bordée tient à leur nombre important. Le tir aux canons de bordée  n’est  pas  intuitif,  car  on  ne  tire  pas dans la direction de déplacement du navire mais dans la direction perpendiculaire. Les artilleurs font feu de la bordée qui fait face à l’ennemi, Bâbord ou Tribord.


Canon de Fuite (arrière) d


    Les canons de fuite sont semblables aux canons de chasse. Seuls les plus gros navires en comportent, car ils ne sont pas très utiles. En effet, ce serait bien le diable si un boulet tiré par un canon de fuite touchait la poupe de sa cible, contrairement aux canons de chasse. Il n’est donc pas très intéressant d’avoir un faible nombre de canons de fuite, car leur puissance de feu est trop faible, mais ils peuvent suffire à endommager suffisamment la mâture adversaire pour permettre à une proie de prendre le large.

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