Poste de Commendement

 

Canonnier


La dénomination Canonnier est particulière aux pirates et aux flibustiers. Sur un autre type de navire, le canonnier est appelé second lieutenant. Les navires de guerre comptent deux canonniers, un par bordée, que l’on nomme deuxième et troisième lieutenant, en rapport à leur statut sur le navire.

Ancienneté

Navires Marchands et Navires de Guerre

Sur ce type de navire, un canonnier peut commencer sa carrière très jeune, c’est-à-dire dès l’âge de vingt ans, après avoir fait preuve de ses connaissances nautiques en tant qu’enseigne. Il lui faudra par contre beaucoup de temps pour devenir second, plus pour une raison de responsabilités que de compétence, car le poste de canonnier est un poste difficile à tenir. Les responsabilités sont moins importantes, car le canonnier tient un rôle certes essentiel, mais pendant des courtes périodes : le combat naval.

Pirates et Flibustiers

On élit comme canonnier un chef de pièce ou un maître canonnier d’expérience. Ce poste est bien plus essentiel chez les pirates que chez les flibustiers, car ces derniers sont plus enclins à tirer au mousquet qu’au canon. De plus, ils voyagent sur des navires souvent allégés de leurs canons, pour être plus sûrs de rattraper leur cible.

Autorité

Le canonnier reçoit les ordres concernant le pointage et la recharge de pièces directement du capitaine ou bien via le second. Il les explicite au maître canonnier, aux chefs et aux servants de pièces. Les ordres du capitaine : « Chargez à boulets, tir au virement de bord, portée courte », deviennent : « Maître, faites recharger, double charge de poudre. Pointez à ricochets, plein entrepont, à 300 mètres, gîte nulle. Chirurgien, évacuez les corps, maître, sablez le sol – pour ne pas glisser ».

Travail

Lorsque le capitaine exprime des contraintes sur le délai de recharge, le canonnier doit s’y tenir, ou signaler une impossibilité due à un manque d’hommes ou au mauvais état de l’entrepont. Il signale aussi au capitaine les pertes dans les rangs des artilleurs, l’étendue des dommages et le nombre de canons en état de tirer. Si le capitaine le lui demande, il le prévient aussi lorsque les pièces sont rechargées. Le canonnier est informé par le Maître Calfat des avaries des œuvres vives et transmet ces informations vitales au capitaine, par l’intermédiaire de son enseigne. Le canonnier élabore une tactique de tir qui doit s’inscrire dans la stratégie du capitaine. Il donne des directives de hauteur de tir aux chefs de pièces, en fonction de sa prédiction de la gîte du navire, de la distance qui la séparera de l’adversaire au moment de la mise à feu, de la vitesse de cet adversaire, son orientation. Il devra aussi tenir compte du vent, qui déviera, ou bien portera les boulets plus loin. En bref, il doit parfaitement maîtriser le difficile tir mouvant sur cible mouvante, que l’on ne peut enseigner que sur un navire. Le tir d’artillerie doit être le plus groupé possible, afin d’infliger un maximum de dommages. Toutefois, le tir est plus précis lorsque chaque chef de pièce attend le moment propice. C’est donc au canonnier de choisir le bon compromis, sachant que le tir à plus intérêt à être groupé à courte distance sur une cible résistante, où une légère erreur de visée n’est pas trop handicapante. Pour un tir à très longue portée sur un sloop ou une chaloupe un bon canonnier préférera de chacun un tir à coup sûr. Afin d’aider ses artilleurs à garder la main, un bon canonnier doit souvent effectuer des simulations de recharge, et des concours de tir sur des cibles minuscules, comme des tonneaux. Cet entraînement coûte cher en poudre et boulets, mais assure le canonnier des qualités de tir de ses hommes. Des artilleurs ne tirant pas au moins une fois par mois perdent la main très vite et obtiendront des résultats affligeants en combat. Lorsque le combat fait rage, les artilleurs, perdus dans la fumée après le tir, rendus à moitié sourds par le bruit du canon, voyant leurs amis, dans un grand fracas de bois brisé, perdre bras et jambes dans des hurlements, lorsque ces artilleurs restent sous le choc, pétrifiés et hurlants, le canonnier doit leur redonner confiance. S’il se laisse aller à la terreur, pas un boulet ne repartira de la batterie, et l’horreur ne cessera de croître jusqu’à ce que les derniers survivants sombrent avec l’infortuné navire. Sur un navire pirate, il est probable qu’un vieux chef de pièce ou le maître lui-même tuera d’un coup de pistolet le canonnier et prendra sa place. Le canonnier doit contrôler ce type de situation qu’empire le confinement de l’entrepont et le fait que peu des servants de pièces voient l’ennemi par les sabords. Pour ce faire, il doit tenir les servants de pièces au courant des événements extérieurs à l’entrepont pour les motiver, user de mots rassurants comme de menaces et même parfois tuer un homme pour couardise devant ses compagnons pour éviter que la terreur ne se répande. Lorsqu’il n’est pas dans des conditions de combat naval, le canonnier est sous les ordres directs du second et doit aider à la manœuvre.

Devoirs

Le canonnier doit comme le second effectuer son quart de nuit.

Droits

Le canonnier d’un navire pirate reçoit une part et demi de prise lors du partage du butin.

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