Poste de Commendement

 

Chirurgien


Le chirurgien est responsable du soin des blessés et des malades de l’équipage, ce qui n’est pas un mince affaire vu la violence des combats et les dangers des territoires hostiles des Caraïbes ! Certes, la médecine de l’époque est rudimentaire, et le chirurgien est parfois obligé de couper une jambe ou un bras, mais entre ça et perdre la vie…Sauveur de vie ou rival de la Mort, le chirurgien fait souvent figure de sorcier aux yeux des hommes de l’équipage. Placé sous les ordres directs du capitaine, il lui rapporte les pertes, les maladies et l’état des blessés. Lorsque c’est nécessaire, le capitaine tient compte de ses remarques pour établir la route.

Le chirurgien apporte aux matelots les soins quotidiens, soit dans leur hamac lorsque leur cas est bénin, soit dans sa cabine lorsque leur état est jugé plus grave. Au cours du combat naval, tout est mis en œuvre pour le protéger. Pour lui, les hostilités s’engagent une fois la bataille achevée. Il prépare alors des onguents, de l’alcool et fait rougir des fers en prévisions des amputations. Cette intervention des plus fréquentes est le seul moyen dont il dispose pour éviter aux blessés une mort atroce par extension de la gangrène.

Outre ses instruments de chirurgien, le chirurgien possède un registre décrivant les pathologies les plus courantes et la composition de nombreux onguents. Ces derniers sont soit concoctés par ses soins soit récupérés dans le coffre à pharmacie des navires de prise. Le chirurgien reste impuissant face à l’épidémie. Il concentre tous ses efforts sur la prévention de cette catastrophe tant redoutée.

Trousse de soin

La trousse du chirurgien du bord constitue pour l’équipage un trésor inestimable. Des vies dépendent de sa bonne utilisation et du renouvellement attentif des médicaments qu’elle contient. Une épidémie ou un combat naval a tôt fait d’épuiser toutes ses ressources. Ce trousseau de soin comprend les éléments suivants :

-Instruments de chirurgie : une scie, un large éventail de couteaux fins et aiguisés aux formes et aux tailles variées, des pinces pour écarter les chairs et les balles…Les opérations sont pratiquées sans anesthésie et les instruments ne sont ni lavés ni stérilisés entre deux opérations…Maintenant enlevez votre chemise !

-Alcool : rares sont les chirurgiens qui utilisent l’alcool pour laver les plaies. L’alcool est administré en grande quantité aux blessés sur le point d’être amputés, un anesthésiant à l’efficacité limitée que le chirurgien associe à un morceau de cuir placé entre les dents.

-Herbes et baumes : médicaments reconnus par les académies de médecine du vieux continent, ces préparations venues d’Europe sont particulièrement difficiles à renouveler. Incapables de s’approvisionner, les chirurgiens de bord n’hésitent pas à s’inspirer des médecines indiennes et à expérimenter les vertus curatives des plantes des Caraïbes.

-Matériel d’herboristerie : matériel indispensable à tout chirurgien désireux d’exploiter les plantes médicinales, afin de préparer décoctions et baumes.

Devoirs

Le chirurgien s’efforce de maintenir en vie toute personne à bord du navire.

Droits

Le chirurgien reçoit tout l’or nécessaire à l’approvisionnement de sa trousse de soin. Il touche une part et quart de prise, plus une prime de dix pièces de huit par personne sauvée, somme qui vient arrondir considérablement son traitement.


Cambusier


Ancienneté

Pour devenir cambusier, un aide cambusier doit être un bon comptable, et savoir comment préparer chaque marchandise pour la conservation. De plus le cambusier doit savoir arrimer parfaitement tout ce qui se trouve dans les cales. On ne prend ce poste que vers une trentaine d’années.

Autorité

Le cambusier est sous les ordres des trois officiers, qu’il informe des problèmes de stock, dès que ceux-ci tirent vers leur fin ou qu’une occasion de les renouveler se présente. Le cambusier dirige quelques aides cambusiers et le tonnelier, qui crée et surveille le bon état des tonneaux de vivres et d’eau. Il travaille aussi de concert avec le Maître Calfat, dont il essaie de faciliter la tâche, en permettant l’accès à la coque, derrière les centaines de tonneaux qui encombrent la cambuse.

Travail

Le cambusier tient les comptes des vivres restantes, qu’il fournit chaque jour au coq selon ses besoins, en tenant toutefois compte de la durée de conservation des aliments. Il distribue les réserves de rhum directement aux hommes, ainsi que le pétun et autres produits de luxe. Lorsqu’un navire pirate fait une prise, il tient les comptes du butin, jusqu’à distribution ou vente dans un port. Dans son travail, dès que les vivres commencent à manquer, le cambusier peut devenir très rapidement impopulaire. Si on ne remarque quasiment pas un bon cambusier, un mauvais cambusier se voit comme une verrue sur le bout du nez. Le cambusier peut écouler les marchandises au noir aux membres d’équipage très portés sur le rhum ou sur la chique en trafiquant les comptes moyennant rétribution. Le cambusier est chargé, au port comme au mouillage, de faire de l’eau et du biscuit – en d’autres termes, de ravitailler le navire. Certains cambusiers achètent des produits au rabais pour se mettre la plupart de l’or destiné au ravitaillement dans les poches. Ils ne craignent pas grand-chose si les vivres ne sont pas trop avariés, car ils sont les seuls à bord à avoir des rudiments de comptabilité. Par contre, si les vivres sont trop avariés et sont vecteurs de maladie, plus d’un matelot voudrait voir son cambusier pendu à une vergue. Une fois les marchandises achetées et chargées à bord, ce qui peut prendre une semaine, le cambusier doit les arrimer solidement et intelligemment, pour que les tonneaux ne se détachent pas en mer et pour garder une bonne assiette – bonne répartition des poids – du navire. Pour faire vivre l’équipage de 1200 hommes d’un trois-ponts pendant un mois, il faut près de deux mille tonnes d’eau, autant de vivres et de bois, autant dire que charger tout cela n’est pas une mince affaire. Lorsque les vivres viennent à manquer, le cambusier devient un homme très important à bord, car de lui dépend la survie de l’équipage et sa joie quotidienne : manger. Il doit rationner les vivres suffisamment pour permettre à l’équipage de survivre longtemps, mais pas trop pour ne pas l’affaiblir. Les flibustiers sont capables de ne rien manger pendant près d’une semaine sans broncher si la richesse est au bout du chemin, mais les pirates sont moins patients et prompts à tirer leur sabre. Le cambusier est donc un manipulateur et menteur consommé, pour le bien-être de tous. Lorsque le navire fait le plein de vivres, ceux-ci sont rarement prêts à la conservation. Le cambusier, avec quelques tonnes de sel ainsi que quelques épices, est capable de conserver n’importe quelle viande ou poisson sans lui faire trop perdre son goût.

Devoir

Il revient au cambusier de surveiller tant la qualité que la quantité des vivres de la cambuse.

Droits

Le cambusier touche sur un navire pirate, une part de prise.


Coq


Ancienneté

Pour devenir coq, il suffit de savoir cuisiner. Sur les navires flibustiers, il n’y a pas de coq attitré et chacun fait la cuisine à son tour. La tambouille est simple, mais personne n’est à incriminer pour un plat raté.

Autorité

Le coq reçoit ses ordres des officiers.

Travail

Le coq est chargé de préparer les deux repas quotidiens, ce qui lui prend tout son temps lorsque l’équipage dépasse cent personnes. Le repas de midi se limite souvent au biscuit, que les matelots trempent dans de l’eau pour l’attendrir. Le repas du soir consiste souvent en de la viande salée avec des légumes secs : riz, ou mil bouillis. Le plus souvent, riz et mil sont remplacés par du pain, que le coq prépare tous les matins à partir du blé stocké dans la cambuse. Si le blé fait défaut, le coq peut toujours préparer de la cassave, s’il dispose de racines de manioc. Le rôle du coq n’a l’air de rien, mais il détient la principale clé de la bonne humeur de l’équipage. Un bon coq réussira à remonter le moral de l’équipage par un plat bien préparé. Le coq souffre aussi de l’envers de la médaille, car lorsque le repas est mauvais, de son fait ou du fait de la nourriture avariée qui vient de la cambuse, il est le premier incriminé. Il peut toujours rejeter la faute sur le cambusier, mais le doute subsistera toujours sur sa compétence. Sur les navires de guerre, le commandement mange des repas royaux de gibiers en sauces, pendant que l’équipage se contente de viande trop salée et avariée. Ce décalage crée vite un ressentiment dans l’équipage, et le coq peut passer pour un complice des nantis. Sur un navire pirate, il n’est pas question que le capitaine mange différemment de ses hommes, ce qui contribue à la paix au sein de l’équipage. Lorsque des hommes passent leur temps libre à pêcher, le coq leur cuisine le fruit de leur pêche pour eux seuls, ou pour tout le monde si cette tâche leur a été confiée par l’équipage.

Droits

Le coq touche une part de prise, sur les navires pirates qui comportent un coq.

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Gabiers.html