Poste de Commendement

 

Gabiers & Simples Matelots


Les simples matelots constituent le gros des hommes chargés d’exécuter la manœuvre sur un navire. Ils ne sont pas assez agiles ou ont trop peur pour monter dans la mâture. S’il n’y a pas de honte à rester un simple matelot, on peut être fier de devenir gabier.

Ancienneté

N’importe qui peut devenir simple matelot et apprendre le métier sur le tas. Les gabiers sont choisis pour leur agilité, leur équilibre et leur résistance au vertige. Un simple matelot peut devenir gabier quand il s’estime prêt, avec l’accord de son Maître d’Equipage. Les vieux gabiers ou les gabiers estropiés redeviennent de simples matelots, quand ils ne peuvent plus monter dans la mâture. Les gabiers ne constituent qu’un dixième de l’équipage à la manœuvre.

Autorité

Les Gabiers et Simples Matelots reçoivent leurs ordres du Maître d’Equipage et les exécutent. Ils forment le bas de la hiérarchie sur un navire, au côté des servants de pièces. Si le poste de gabier est plus glorieux que celui de simple matelot, le gabier n’a d’ordres à donner à personne.

Travail

Simples Matelots


Les simples matelots exécutent les manœuvres mais restent sur le pont. Lors des manœuvres ou du réglage de voile, ils règlent les écoutes, les amures et les bras de vergues. Ce sont aussi les simples matelots qui hissent les voiles lors de la manœuvre d’appareillage, mouillent et remontent les ancres à l’aide du grand cabestan lors de manœuvres de mouillage. Ils amarrent le navire lorsque celui-ci arrive au port.

Gabiers


Les gabiers montent dans la mâture pour réaliser les manœuvres qui ne peuvent être faites du pont. Leur tâche est déjà effrayante, bien que sans grand danger par petit temps, alors qu’il montent à une trentaine de mètres au-dessus du pont, en équilibre sur les marchepieds de vergue, qui sont de simples cordages tendus sous la vergue qui se balancent au-dessus du vide. Lorsque le vent monte, que le navire tangue et gîte à faire peur aux hommes sur le pont où il fait si froid que les manœuvres coupent comme des couteaux, leur travail tourne à l’enfer, pour ceux d’entre eux dont ce n’est pas la passion. C’est pour cela que tous les gabiers sont des amoureux de la mer qui ne se sentent vivre que lorsque le vent fait craquer la mâture et claquer les voiles. Les gabiers souffrent lorsqu’ils restent trop longtemps à terre, deviennent maussades et violents, jusqu’à ce qu’ils puissent partir et respirer à nouveau. Assez peu de gabiers tombent de la mâture pendant les tempêtes, car ils sont entraînés à garder leur équilibre dans les pires conditions. Les pertes de matelots se font plutôt sur le pont lorsqu’une lame le balaie. Les gabiers montent dans la mâture en utilisant les enfléchures, qui sont des petits barreaux horizontaux fixés sur les haubans et qui forment ainsi une échelle. Arrivés sur la hune en passant par le trou du chat, ils marchent sur les marchepieds de vergue, le corps appuyé et même à cheval sur la vergue. Dans cette position inconfortable, ils défont les garcettes qui attachent à voile à la vergue, lorsque le Maître d’Equipage leur ordonne de lâcher de la toile. Lorsqu’on leur demande de carguer les voiles – les replier sur la vergue, les gabiers sur la hune souquent sur les bosses de cargue – manœuvre qui est attachée en bas de la voile sur les côtés, afin de ramener les extrémités basses de la voile sur la vergue. Lorsque c’est fait, ceux des gabiers installés sur les marchepieds de vergues ramènent la voile raide, qui claque dans le vent et dont la force est suffisante pour arracher les bras d’un homme. Ils attachent la voile sur la vergue avec des garcettes ou rabans, qui sont des cordages courts qu’ils font passer autour de la voile repliée et qu’ils attachent autour de la vergue. Pour prendre un ris, ils effectuent la même manœuvre, les bosses de cargue étant remplacées par les bosses de ris et au lieu de passer les garcettes autour de la voile, ils les font passer par les points de ris. Les points de ris sont des petits trous dans la voile percés à même distance de la vergue. La partie supérieure de la voile est donc repliée sur la vergue, tandis que sa partie inférieure peut être utilisée comme la voile normale. Du haut des hunes, les gabiers peuvent manœuvrer les bras de vergues des hautes voiles, car ces bras de vergues sont attachés à la même hauteur que la vergue, mais à la hune du mât de derrière. « Brassez derrière » indique donc qu’il est nécessaire de monter dans la mâture et de reprendre les bras de vergue qui sont situés sous le vent du mât, afin de ramener la vergue dans l’axe du navire. Les gabiers sont si agiles et précis qu’ils peuvent, en allant à l’abordage, se jeter du haut d’une vergue ou se balancer d’une drisse, fauchant les têtes au passage. Les capitaines les plus prudents estiment quand même que pendant un bon abordage, personne ne doit courir, et que le tillac de l’adversaire doit être conquis pas à pas.

Droits

Le simple matelot comme le gabier sur un navire pirate touche une part de prise, soit deux fois moins que le capitaine. Ils peuvent tous deux s’exprimer à l’assemblée. Seuls les gabiers les plus illustres et respectés peuvent par contre participer au conseil.


Servants de Pièce

Ancienneté

Un marin peut très bien commencer sa carrière en tant que servant de pièce, dans l’espoir de devenir un jour chef de pièce. Les servants de pièce sont choisis pour leur résistance physique, nécessaire à la manipulation de canons de plusieurs tonnes.

Autorité

Un Servant de Pièce reçoit ses ordres de son chef de pièce, ainsi que du Maître Canonnier.

Travail

Lorsqu’il n’est pas en situation de combat naval, le servant de pièce sert comme simple matelot.

Droits

Le servant de Pièce touche une part de prise sur les navires pirates, et est payé en jambes de bois et crochets sur les navires de guerre.


Chef de Pièce

Ancienneté

Avant de devenir chef de pièce, un marin doit avoir servi en tant que servant de pièce suffisamment longtemps pour comprendre toute la finesse du tir au canon. De plus, pour devenir chef de pièce, le servant doit montrer des capacités de commandement suffisantes, et

posséder la fibre, l’intuition nécessaire au tir d’artillerie de marine. Un mousse à 11 ans pourra espérer devenir chef de pièce à 25 ou 30 ans.

Autorité

Le Chef de Pièce reçoit ses instructions de tir du Canonnier et du Maître Canonnier. Il ne donne pas vraiment d’ordres à ses servants de pièce, sauf quand ils n’exécutent pas correctement les ordres de recharge du Maître Canonnier. Pendant qu’il ajuste son coin de mire, il demande aux servants de pièces de relever plus ou moins la culasse, pour parfaire l’angle de tir.

Travail

Le Chef de Pièce est aussi responsable de l’entretien de son canon, ainsi que de son arrimage. Si la pièce d’artillerie se détache de son sabord, il peut soit s’agir d’un sabotage, soit être dû à la négligence du chef de pièce, qui sera puni en conséquence. Le chef de pièce est chargé de diriger ses servants de pièces au combat. Il se conforme aux ordres de ses supérieurs hiérarchiques et a une liberté de décision très limitée, sauf si le maître canonnier vient à mourir et qu’il a par mainte fois prouvé sa valeur de commandant.

Droit

Un chef de Pièce a droit entre une et une part et quart de prise, selon la chasse-partie votée par l’équipage du navire pirate.


Vigie

Ancienneté

Les gabiers peuvent tous prendre le poste de vigie, ce qu’ils font à tour de rôle. Toutefois, la tâche de vigie, pour être menée à bien, nécessite une telle acuité visuelle et capacité d’analyse que seuls les meilleurs restent à ce poste.

Autorité

La vigie rapporte ses observations au capitaine ou, s’il n’est pas sur le pont, au second. Sinon, la vigie est à tous les égards, considérée comme un gabier.

Travail

La vigie se poste sur la hune, où elle effectue un quart qui dure quatre heures, temps au bout duquel ses yeux fatiguent trop pour rester efficaces. Du haut de la hune, elle scrute l’horizon pour y découvrir des voiles ou la terre. Le premier des deux adversaires qui découvre l’autre gagne un avantage majeur : il peut s’assurer l’avantage du vent en remontant au vent le plus tôt possible. De plus, pour rattraper une proie, il faut en avoir connaissance bien avant elle, pour avoir une chance de la rattraper avant la nuit. La tâche de la vigie est donc essentielle juste avant un combat naval, d’autant plus qu’une bonne vigie peut déterminer de très loin la nationalité du navire rencontré si c’est un navire de guerre ou bien marchand. Il détermine aussi s’il est chargé et s’il est bon marcheur sous telle allure. Le capitaine pourra donc décider de sa méthode d’approche ou de prendre la fuite si l’adversaire est un navire de guerre. La découverte de la terre permet au capitaine de rectifier ses erreurs de navigation plus rapidement, et minimise donc les risques de rencontre de hauts fonds. Une bonne vigie peut reconnaître un navire et compter ses canons alors que le capitaine sur la dunette, à la lunette, ne peut qu’entr’apercevoir le haut des mâts. Cette capacité, incompréhensible pour les profanes, relève autant de l’intuition que de la déduction et de l’acuité visuelle. La vigie ne se contente pas de regarder au loin, mais doit tenter de repérer, dans les environs du navire, des récifs, des bancs de sable ou encore des bancs de poissons. Lorsque le capitaine et le pilote ont échoué dans leur navigation ou que leur connaissance de la région est perfectible, la vigie peut encore éviter la catastrophe. La vigie est souvent un expert au tir de mousqueterie et reste à ce titre dans la hune en tant que moucheur, avec un stock de mousquets chargés à côté de lui. Il cherche alors à tuer les membres du commandement adverse pendant le combat pour semer le trouble chez l’ennemi.

Droits

La vigie a droit à une part de prise en tant que gabier. Sur les navires pirates, le premier qui voit une voile a droit aux deux plus beaux pistolets ou au plus beau mousquet qu’on trouvera sur la cible. Les gabiers pirates se bousculent souvent pour être de quart de vigie. Lorsque les réserves tirent vers leur fin et que le navire est rationné, le premier homme à voir la terre est récompensé par quelques pièces de huit. Enfin, en tant que moucheur, la vigie reçoit de 10 à 50 pièces de huit par membre de commandement adverse descendu.

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