Petite histoire du loch

 

Dictionnaire de L'Académie française, 4th Edition (1762)

LOCH. s.m. (Page 48)

LOCH. s.m. Morceau de bois qui sert à mesurer la vitesse d'un vaisseau.


Dictionnaire de L'Académie française, 5th Edition (1798)

LOCH (Page 36)

LOCH. s. m. Morceau de bois qui étant attaché à une corde, et jeté dans la mer, sert à mesurer la vîtesse d'un vaisseau.


Dictionnaire de L'Académie française, 6th Edition (1832-5)

LOCH. s. m. (Page 2:127)

LOCH. s. m. (L'H ne se prononce pas.) T. de Marine. Petite pièce de bois plate et triangulaire, qui, attachée à une corde ou à une ligne, et jetée dans la mer, sert à mesurer la vitesse du sillage d'un bâtiment. Ligne de loch.


Dictionnaire de L'Académie française, 8th Edition (1932-5)

LOCH. (Page 2:130)

LOCH. (CH se prononce K.) n. m. T. de Marine. Appareil qu'on immerge dans la mer pour mesurer la vitesse d'un bâtiment. Jeter le loch. Livre de loch. Voyez LIVRE. 


  Le traité de Tordesillas de juin 1494 précise la ligne de marcation (ouest pour les Espagnols est pour les Portugais) entre les terres appartenant aux rois catholiques, Ferdinand d’Espagne et Jean du Portugal: d’abord 100 lieues puis 370 lieues à l’Ouest des îles du Cap vert et non à “ X ” degrés de longitude). On comprend l’importance du loch apparu vers les années 1450 : connaissant la direction prise grâce à la boussole * et la vitesse du navire par rapport à l’eau, on peut connaître de façon approximative son déplacement (en négligeant les courants
marins...). Le loch sera utilisé du 15e à la fin du 17e pour estimer la position du navire ; il l’est encore pour estimer sa vitesse par rapport à l’eau...


  Dans sa première version (log = bûche en hollandais), on aurait simplement jeté la "bûche" à l’avant du navire et compté en combien de temps, il atteignait l’extrémité.

Par la suite le loch était composé d’un flotteur en forme de triangle sphérique équilatéral lesté à deux des angles et muni de trois cordes réunies à la ligne de loch. Enroulée sur un touret la ligne de loch porte différentes marques. La première, la houache, est un morceau d’étoffe fixée à 1 longueur de ligne égale à la longueur du navire. Les divisions appelées nœuds se succèdent de 1⁄2 nœud en 1/2 nœud. Quand la houache passe, on retourne un sablier de 30 secondes. Quand celui-ci est vide, on rentre le loch à bord en comptant le nombre de nœuds (précision acceptable pour des vitesses inférieures à 15 nœuds).


    La distance entre deux nœuds étant de 1/120 mille marins, le nombre de nœuds comptés en 30s donne exactement la vitesse du navire en mille marin à l’heure :

Ainsi 15 nœuds donne 15 mille à l’heure soit environ 28km/heure

Le mille marin est par définition la distance parcourue en mer lors du déplacement d’une minute (sur le méridien). Un tour complet de la Terre équivaut à 360 ° et correspond à 40.000 km (60 minutes = 15 degrés)  

1 mille marin : 1’ de longitude au niveau de l’équateur terrestre = 2*p*6 371 / (360*60) =1 853,2 m

p=pi=3,141 592

1 nœud théorique : 1/120 mille marin : 15,44 m

1 nœud pratique : 14,62 m

1 lieue marine = 3 milles = 5556 m = 3’ de longitude




    *Voir petite histoire des marteloires et portulans

 
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